Le soir même il était mort. Une heure après sa mort, l'exprès était parti, et, plus heureux que ses deux prédécesseurs, il était, vers la fin du cinquième jour, arrivé à Louesche, Mais il avait trouvé la femme aveugle et sourde . au bout d'un mois seulement, grâce à l'efficacité des eaux, cette double infirmité avait commencé à disparaître, Ce n'était qu'un autre mois écoulé qu'on avait osé apprendre à la femme la fatale nouvelle à laquelle du reste les différentes visions qu'elles avaient eues l'avaient préparée, Elle était restée un dernier mois pour se remettre complètement . enfin, après trois mois d'absence, elle était repartie pour Bâle, Comme, de mon côté, j'avais achevé mon traitement, que l'infirmité pour laquelle j'avais pris les eaux et qui était un rhumatisme, allait beaucoup mieux, je lui demandai la permission de partir avec elle, ce qu'elle accepta avec reconnaissance, ayant trouvé en moi une personne à qui parler de son mari, que je n'avais fait qu'entrevoir au moment du départ, mais enfin que j'avais vu. Nous quittâmes Louesche, et le cinquième jour, au soir, nous étions de retour à Bâle, Rien ne fut plus triste et plus douloureux que la rentrée de cette pauvre veuve dans sa maison . comme les deux jeunes époux étaient seuls au monde, le mari mort, on avait fermé le magasin, le commerce avait cessé comme cesse le mouvement lorsqu'une pendule s'arrête, On envoya chercher le médecin qui avait soigné le malade, les différentes personnes qui l'avaient assisté à ses derniers moments, et par eux, en quelque sorte, on ressuscita cette agonie, on reconstruisit cette mort déjà presque oubliée chez ces coeurs indifférents. Elle redemanda au moins ces cheveux que son mari lui léguait. sac cabas vanessa bruno cuir pas cher XI LE BRACELET DE CHEVEUX.115Page 119 Les mille et un fantomesLe médecin se rappela bien avoir ordonné qu'on les lui coupât . le barbier se souvint bien d'avoir rasé le malade, mais voilà tout. Les cheveux avaient été jetés au vent, dispersés, perdus. La femme fut désespérée . ce seul et unique désir du moribond, qu'elle portât un bracelet de ses cheveux, était donc impossible à réaliser. Plusieurs nuits s'écoulèrent . ou trouver imitation a montpellier de vanessa bruno nuits profondément tristes, pendant lesquelles la veuve, errante dans la maison, semblait bien plutôt une ombre ellemême qu'un être vivant. A peine couchée, ou plutôt à peine endormie, elle sentait son bras droit tomber dans l'engourdissement, et elle ne se réveillait qu'au moment où cet engourdissement lui semblait gagner le coeur. Cet engourdissement commençait au poignet, c'estàdire à la place où aurait dû être le bracelet de cheveux, et où elle sentait une pression pareille à celle d'un bracelet de fer trop étroit . et du poignet, comme nous l'avons dit, l'engourdissement gagnait le coeur. Il était évident que le mort manifestait son regret de ce que ses volontés avaient été si mal suivies.La veuve comprit ces regrets qui venaient de l'autre côté de la tombe, Elle résolut d'ouvrir la fosse, et, si la tête de son mari n'avait pas été entièrement rasée, d'y recueillir assez de cheveux pour réaliser son dernier désir. En conséquence, sans rien dire de ses projets à personne, elle envoya chercher le fossoyeur. sac vanessa bruno pas cher Mais le fossoyeur qui avait enterré son mari était mort. Le nouveau fossoyeur, entré en exercice depuis quinze jours seulement, ne savait pas où était la tombe, Alors, espérant une révélation, elle, qui, par la double apparition du cheval, du cavalier, elle qui, par la pression du bracelet, avait le droit de croire aux prodiges, elle se rendit seule au cimetière, s'assit sur un tertre couvert d'herbe verte et vivace comme il en pousse sur les tombes, et là elle invoqua quelque nouveau signe auquel elle pût se rattacher pour ses recherches. Une danse macabre était peinte sur le mur de ce cimetière, Ses yeux s'arrêtèrent sur la Mort et se fixèrent longtemps sur cette figure railleuse etXI LE BRACELET DE CHEVEUX.116Page 120 Les mille et un fantomesterrible à la fois. Alors il lui sembla que la Mort levait son bras décharné, et du bout de son doigt osseux désignait une tombe au milieu des dernières tombes. La veuve alla droit à cette tombe, et, quand elle y fut, il lui sembla voir bien distinctement la Mort qui laissait retomber son bras à la place primitive, Alors elle fit une marque à la tombe, alla chercher le fossoyeur, le ramena à l'endroit désigné, et lui dit . Creusez, c'est ici ! J'assistais à cette opération.